logotype

Le Rapport est divisé en deux parties

Première partie: état des lieux des sciences humaines aujourd'hui

Contenu de la recherche
research context

Ce chapitre dressera l'état des lieux des sciences humaines dans le monde en présentant de nouvelles données quantitatives sur les conditions institutionnelles de la recherche, les champs explorés par cette dernière, ainsi que les publications et les carrières universitaires.

Il examinera les principales tendances sociétales qui touchent la recherche en sciences humaines telles le nombre d'étudiants en tant que catalyseur de la recherche, les tendances financières et la numérisation de la vie en société.

Le chapitre analysera également un certain nombre de tendances dans les sciences humaines, de l'internationalisation du marché du travail et de la collaboration académique à la croissance de la recherche interdisciplinaire, en passant par la numérisation des méthodes de recherche et les changements dans les pratiques de publication.

Portrait de la recherche en sciences humaines
main themes

Ce chapitre dressera l'état des lieux des sciences humaines dans le monde en présentant de nouvelles données quantitatives sur les conditions institutionnelles de la recherche, les champs explorés par la recherche, les publications et les carrières universitaires.

findings

Il s'agira également d'étudier les différentes opinions au sujet de la nature de la recherche en sciences humaines. Dans quelle mesure les sciences humaines sont-elles considérées comme source de découvertes et de résultats probants au même titre que les autres sciences? Ou l'opinion générale tend-t-elle plutôt à considérer que les sciences humaines interrogent et remettent en question ce qui a déjà été découvert, ou développent des récits autour des thèmes généralement traités, et qu'elles n'apportent rien de nouveau?

Valeur des sciences humaines
value humanities

Les témoignages des personnes influentes issues du milieu académique et notre vaste bibliographie nous permettront d'analyser les différentes démarches entreprises pour tenter d'exprimer la valeur des sciences humaines.

Plusieurs arguments ont été avancés en faveur des sciences humaines:

  • 'Les sciences humaines procurent à la société une base de connaissances essentielle. Etant donné que cette connaissance porte sur la condition humaine, elle est importante en elle-même, peu importe son utilité.'
  • 'Les chercheurs en sciences humaines remplissent une fonction civilisatrice lorsqu'ils transmettent le fruit de leurs recherches aux étudiants de premier cycle, tel que le montre le modèle de l'éducation libérale.'
  • 'Certaines disciplines telles la littérature et la philosophie sont à même de fournir directement des informations pour la prise de décisions morales dans les discours publics et les recommandations politiques. Mais les recherches en histoire, en archéologie et en anthropologie sociale fournissent également un savoir essentiel pour ce type de de décision grâce à la mise en évidence de certaines découvertes telles que les causes de la guerre, les mouvements migratoires et le problèmes de la rareté des ressources environnementales.'
  • 'Les sciences humaines jouent un rôle crucial dans la compréhension des choix et des motivations de l'être humain. Ces questions ne peuvent pas simplement être laissées entre les mains des économistes et des spécialistes des sciences sociales.'
  • 'Les sciences humaines ont une fonction esthétique: en musique, en littérature et dans l'art en général, le regard perspicace que les sciences humaines portent sur le monde permet de promouvoir et d'approfondir notre appréciation de la beauté artistique.'

Traduire les sciences humaines
translating

Plusieurs arguments ont été avancés en faveur des sciences humaines:

  • Diffusion dans les autres disciplines, en particulier les sciences
  • Communication à travers les médias
  • Engagement auprès des entreprises
  • Influence sur la prise de décision politique
  • Engagement dans les institutions publiques telles les musées, les hôpitaux et les associations professionnelles

Pour asseoir les sciences humaines, nous devrons comparer la manière dont les autres domaines sont traduits (par exemple, les sciences naturelles ou sociales) et utiliser un grand nombre d'études de cas.

Deuxième partie: interrogations sur l'avenir

Défis des sciences humaines
research context

Existe-t-il des tendances culturelles ou intellectuelles dans les sciences humaines qui pourraient poser problèmes à l'avenir?

  • S'il y a une résistance face aux conceptions «objectivistes» des sciences humaines de la part des chercheurs eux-mêmes, une réticence à rapporter les véritables résultats, cela affectera-t-il le statut des sciences humaines aux yeux des autres? Cela compliquera-t-il l'obtention de fonds, notamment si d'autres domaines entrent en compétition?
  • A quel point les thématiques nationales sont-elles prépondérantes lorsqu'il s'agit de définir la problématique d'une recherche, de consulter des sources et de viser un public précis?

De même, existe-t-il des lacunes au niveau des compétences qui doivent être comblées?

  • Parmi les sujets les plus débattus, il y a celui des technologies numériques dont l'importance ne cesse de croître. Ces dernières amplifient la quantité d'informations disponibles pour les chercheurs, mais elles imposent également de nouveaux défis quant aux compétences méthodologiques et ouvrent de nouvelles voies vers des domaines de recherche encore inexplorés. Quelles démarches peuvent être entreprises pour que les sciences humaines soient mieux adaptées à ce développement et en tirent un bénéfice?
  • Devrions-nous être préoccupés par le niveau de compétence linguistique? La plupart des disciplines recquière des compétences dans plusieurs langues, à la fois pour maîtriser l'ensemble du corpus de recherche existant et pour communiquer efficacement avec les chercheurs du monde entier. Les chercheurs disposent-ils des compétences linguistiques nécessaires pour leur recherche?
  • Manquerait-il des compétences quant à l'usage des statistiques et des méthodes quantitatives?

Evolution du paysage institutionnel
main themes
  1. Les pressions institutionnelles en faveur du travail interdisciplinaire peuvent parfois entrer en conflit avec la tradition culturelle des sciences humaines. En dépit des encouragements et des offres institutionnels en faveur de l'interdisciplinarité, les chercheurs en sciences humaines préfèrent-ils encore travailler dans le mono-disciplinaire?

  2. Cette question se pose pour les recherches conduites tant individuellement qu'en groupe. L'augmentation des fonds ciblés alloués à un certain thème ou projet change la façon dont les recherches sont menées et la manière dont la recherche en sciences humaines fait face aux priorités d'une quelconque politique. Bien que le travail en équipe soit plus répandu, les recherches menées individuellement demeurent prédominantes en sciences humaines. Faut-il y voir une tension qui entrainera à l'avenir des problèmes pour le développement de la recherche en sciences humaines?

  3. Quel devrait être le rôle des instituts de recherche en sciences humaines dont le nombre a explosé au cours des dix dernières années et qui se chiffrent à environ 200 dans le monde actuellement? Finiront-ils par concurrencer les départements quant aux fonds et au statut des recherches?

  4. La liberté universitaire doit-elle être rétablie ou redéfinie en raison des pressions institutionnelles et financières?

Sciences humaines et société
value humanities
  1. Parmi les hommes et femmes politiques, les chefs d'entreprise et le grand public, nombreux sont ceux qui ne pensent pas aux sciences humaines lorsqu'il s'agit de faire face aux grands défis auxquels nos sociétés sont confrontées, privilégiant par exemple les sciences naturelles (changement climatique), la médecine (pandémies, VIH/SIDA) ou l'économie (la crise financière). Ces dernières, ainsi que les sciences sociales, donnent souvent le rythme au niveau international. Cependant, tous ces défis sont avant tout des problèmes humains ou moraux. Quelles mesures les sciences humaines doivent-elles prendre pour être considérées en tant que partenaire valable dans la prise de décisions stratégiques?

  2. Naturellement, certains grands défis font déjà partie du champ de recherche des sciences humaines, ce qui a donné naissance aux sciences humaines environnementales et médicales, aux études sur la paix et la réconciliation, aux études interculturelles et aux recherches sur les sciences cognitives. Ces nouvelles disciplines se développent au-delà des frontières des disciplines traditionnelles. Malgré les nouvelles connaissances générées, ces nouveaux domaines sont-ils pour autant reconnus dans les disciplines et les structures traditionnelles de l'Université? Les encouragements institutionnels sont-ils suffisants pour amener les chercheurs à travailler dans ces domaines?

  3. Comment les responsables des politiques universitaires devraient-ils évaluer les contributions que les sciences humaines peuvent apporter aux problèmes de société? Risquent-ils d'employer des données rudimentaires qui encourageraient des recherches superficielles ou à court terme? Comment évaluer autrement les contributions apportées par les sciences humaines?